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Histoire

Les historiens s'accordent pour dire qu'il n'était pas dans les intentions de Jean de Dieu de fonder une nouvelle congrégation religieuse. Pourtant, ses intuitions de soignant et le rayonnement de sa vie de foi ont rapidement attiré des compagnons à sa suite.

Ainsi, à sa mort en 1550, Jean avait confié la direction de son hôpital à l'un d'entre eux, Antoine Martin. En 1571, la famille de Jean de Dieu compte plusieurs hôpitaux en Espagne : à Grenade, bien sûr, mais aussi, à Madrid, Tolède, Cordoue et Lucena.

Erigés officiellement en congrégation religieuse, le 1er janvier 1572, par le Pape Pie V, les Frères continuent leur développement. En 1586, en outre l'Espagne, ils sont implantés en Colombie, au Mexique, au Pérou et en Italie.

C'est de Florence que les premiers frères partent aux environs de 1602 pour gagner Paris. Ils y ont été appelés par la reine Marie de Médicis qui, en Toscane, avait été touchée par le témoignage et leur compassion. Ils reçoivent pour mission de la part d'Henri IV, et de l'Evêque de Paris, d'y fonder un couvent-hôpital pour soigner les pauvres malades.

Grâce à l'hôpital de la Charité construit rue des Saints-Pères dans la première moitié du XVIIe siècle, Paris devient rapidement le centre névralgique de l'Ordre des Frères en France. Saint Vincent de Paul vient visiter les malades et, « les Filles de la Charité », nom qu'il donne à l’Ordre des Religieuses qu'il fonde pour le soulagement des malades, n'est pas sans rappeler celui des Frères de saint Jean de Dieu, connu dans la France de l'Ancien Régime sous le nom de Frères de la Charité. Molière aussi visite souvent les pauvres malades de la Charité. Il fait même partie de la Confrérie Notre Dame de la Charité, sorte de Tiers-Ordre des Frères de saint Jean de Dieu.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les frères fondent une quarantaine d'établissements hospitaliers en France métropolitaine et dans les possessions coloniales de l’époque. Les fondations se font au gré des demandes. Elles émanent du roi, de l'armée, des évêques ou des aristocrates locaux.

Dans la France de l'Ancien Régime, les frères de saint Jean de Dieu se distinguent également en annexant à certains de leurs Hôpitaux (Cadillac, Pontorson ou Château-Thierry etc.) des pensionnats où ils reçoivent et soignent les « insensés ». Ils fondent deux établissements particulièrement destinés au soulagement des aliénés : à Senlis et à Charenton.

A la Révolution française, les frères de Saint Jean de Dieu sont chassés des 36 hôpitaux qu'ils possèdent en métropole et dans les colonies. L'Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu disparaît alors de France.

Ce n'est que 30 ans plus tard, en 1819, que Paul de Magallon, ancien soldat de l'armée napoléonienne, décide de rétablir l'Ordre hospitalier dans son pays. Sous le nom de Frère Jean de Dieu, il se consacrera à cette mission jusqu'à sa mort en 1859 et laissera derrière lui une Province de France restaurée, composée de 6 maisons et de plus de 200 frères.

"Frères, faites-vous du bien en faisant du bien aux autres"

Saint Jean de Dieu

Signature de Saint Jean de Dieu