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24 novembre 2014

Les Frères de Saint Jean de Dieu, précurseurs de la Route du Rhum

Bientôt la fin, pour notre skipper préféré sur la Route du Rhum en solitaire ! Dans quelques heures Antoine Michel, Ambassadeur de la Fondation Saint Jean de Dieu, sera à Pointe-à-Pitre après plus de trois semaines de course. Petit clin d’œil de l’histoire à l'occasion de son arrivée dans les Antilles, les Frères de Saint Jean de Dieu ont déjà, d’une certaine manière, croisé la route du rhum il y a de cela plusieurs siècles.

 

Comme Antoine Michel, plusieurs Frères (appelés à l’époque « Frères de la Charité ») embarquèrent au XVIIe siècle sur des navires pour rejoindre les Antilles. Bien entendu, leur traversée ne s’est pas effectuée en solitaire ! Mais elle a dû représenter une expérience très marquante pour ces religieux infirmiers qui n’avaient sans doute pas une grande expérience de la mer. Pourquoi faire un si long voyage ? Pour porter les couleurs de saint Jean de Dieu jusqu’aux Antilles afin de s’y établir et de permettre aux populations locales ainsi qu’aux marins du roi de bénéficier de soins médicaux. Ainsi, à partir de 1685, les religieux prirent possession de plusieurs hôpitaux que Louis XIV avait fait construire pour eux en Guadeloupe et en Martinique.

Mais du rhum, les Frères de saint Jean de Dieu n’en ont pas fait que la route ! Au XVIIIe siècle, le supérieur de la communauté de Saint-Pierre de la Martinique, Frère Edmond Lefebure, usa de ses talents d’alchimiste pour élaborer dans le plus grand secret une eau-de-vie de canne à sucre de grande qualité dont la vente pourrait permettre de subvenir aux besoins de l’hôpital. Mais à cette époque, les importations de rhum vers la France étaient prohibées en vertu d’un décret royal. Frère Edmond trouva alors une parade : il allait le vendre aux colons de Nouvelle-Angleterre (les Etats-Unis d’aujourd’hui). Pour séduire ces acheteurs, il choisit de baptiser son breuvage d’un nom à consonance anglo-saxonne : « Saint James ». Si les religieux ont été chassés de leurs hôpitaux à la Révolution et ont donc dû abandonner leur fabrique de sucre de canne et leur distillerie de Martinique, le célèbre rhum continua d’y être produit après leur départ et garda le nom choisi par le Frère.

Ainsi, avec Antoine Michel, la Fondation saint Jean de Dieu ne suivra pas que la Route du Rhum, elle suivra également les pas des Frères de saint Jean de Dieu vers les Antilles !