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06 octobre 2015

11èmes Journées hospitalières

Les 30 septembre et 1er octobre derniers, 140 Frères, collaborateurs et bénévoles des établissements Saint Jean de Dieu et Saint Benoît Menni se sont retrouvés à Paris pour les 11èmes Journées hospitalières, sur le thème de l’Hospitalité.

Ces deux jours clôturaient une série de formations sur le thème des valeurs, initiées dans le cadre de l’Année de la Famille hospitalière en 2011 et organisées conjointement par l'Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu, la Fondation Saint Jean de Dieu et les Sœurs hospitalières du Sacré-Cœur.

Les participants ont commencé la journée par le témoignage d’Etienne Villemain, co-fondateur de l’Association pour l’amitié et fondateur de l’Association Lazare, dont l’objectif est de proposer des colocations entre jeunes professionnels et SDF, dans une ambiance familiale. Accompagné d’un colocataire issu de la rue, Didier, Etienne a notamment insisté sur l’importance de retrouver le sens profond de la relation à l’autre, une relation de communion plutôt qu’une relation d’‘aidant’ à ‘aidé’. « Cette hospitalité, vécue avec bienveillance et confiance, est un rempart à la violence, source de rayonnement de nos maisons et source de créativité », a-t-il affirmé.
 
Véronique Dufief, maître de conférences à l’université de Dijon, a pour sa part tenté de répondre à la question « Que nous dit la souffrance de l’hospitalité ? », soulignant le rapport direct qu’il y a entre la manière d’accueillir une personne en souffrance et la manière de s’accueillir soi-même, avec ses propres fragilités. Atteinte de bipolarité, Véronique Dufief a donné le témoignage de son cheminement de l’acceptation de la maladie. « Le jour où je me suis rendue compte que je n’étais pas capable de compter sur mes propres forces, que la vulnérabilité avait sa place, c’est alors que j’ai commencé à ‘habiter ma maison’ et que j’ai compris ce qu’était la compassion. »

La tradition de l’hospitalité dans les religions a ensuite été abordée par Anne Thöni, pasteur aumônier à l’hôpital Avicenne, de 2001 à 2013. Elle a notamment évoqué la tradition de l’hospitalité selon les religions, et l’accueil qui peut en être exercé en aumônerie, à condition de « se considérer comme serviteur de l’autre. »

Jean-Guilhem Xerri a ensuite évoqué l’impact de l’hospitalité que peuvent pratiquer les collaborateurs entre eux sur l’accueil et l’accompagnement des personnes reçues. Ce médecin biologiste a notamment évoqué l’impact de l’hospitalité entre collaborateurs, membres du personnel et bénévoles, sur l’accueil et l’accompagnement des personnes reçues, en répondant à la question « Comment l’hospitalité s’instaure dans les établissements ? »

La valeur de l’hospitalité au sein des établissements Saint Jean de Dieu est enracinée dans le charisme légué par les Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu, fondés au 16ème siècle. La spécificité de cet Ordre réside notamment dans le fait que chaque religieux prononce un 4ème vœu, celui de l’hospitalité, en plus des vœux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté propres à toutes les autres congrégations religieuses. Frère Christian Clavé est revenu, dans son intervention, sur le sens originel de cette notion qui prend chair aujourd’hui à travers tous les membres de la Famille hospitalière de Saint Jean de Dieu.
 

En conclusion de ces 11èmes Journées hospitalières, le père Bruno Saintôt, responsable du département biomédical du Centre Sèvres et président du Comité éthique de la Fondation Saint Jean de Dieu, a mis en lumière la culture de l’hospitalité avec la réalité de la foi et de l’expérience quotidienne vécue dans les établissements Saint Jean de Dieu. « Une culture qui constitue aujourd’hui un enjeu social extrêmement important », a-t-il souligné en s’adressant plus spécialement aux soignants. « A travers votre action, vous attestez que la personne n’est pas qu’un amas moléculaire, mais qu’elle est habitée par un mystère, une dignité. En attestant ça dans le soin, vous le manifestez pour toute la société. A travers vos gestes de soignants, vous êtes des sentinelles du respect de la dignité de la personne et vous attestez d’un projet social et politique à travers le soin. Sans vous et sans la culture de l’hospitalité que vous pratiquez tous les jours, aucune éthique ne tiendra. »