Header fondation
02 avril 2015

HEUREUSE FÊTE DE PÂQUES !

Lettre du Supérieur général de l'Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu à tous les frères, collaborateurs et membres de la Famille hospitalière de Saint Jean de Dieu.

Chers frères et chers amis,

Le carême, cheminement de préparation à la fête de Pâques, a pris fin et je tiens à saisir cette occasion pour souhaiter à tous les membres de la Famille hospitalière de saint Jean de Dieu, aux personnes prises en charge dans nos œuvres ainsi qu’à leurs proches, mes meilleurs vœux pour que le Seigneur qui a vaincu la mort ouvre nos cœurs, nos communautés, nos œuvres et nos familles à la lumière, l’espérance et la vie nouvelle que nous apporte sa résurrection. À tous, une très belle fête de Pâques !

Cette année, nous lirons l’évangile de saint Marc au cours de la vigile pascale. Il nous parle d’une pierre fort grande, une dalle qui fermait le sépulcre de Jésus et que les femmes qui se rendaient au tombeau pour pleurer celui qui avait été crucifié étaient dans l’impossibilité de déplacer. Leur surprise fut grande en constatant que la pierre avait roulé et qu’elles ne virent qu’un jeune homme leur annonçant la résurrection du Christ : « Il n’est pas ici. Il est ressuscité ! » (cf. Mc 16,1-7). Nous éprouvons parfois des sentiments analogues lorsque nous considérons le monde, l’Église et notre propre Famille. C’est même parfois également vrai lorsque nous nous observons nous-mêmes. Nous découvrons des souffrances, des maladies, de la violence, de l’hostilité, de l’égoïsme, de la lassitude, des signes de mort et d’impuissance. Une dalle trop grande semble nous écraser et nous empêche de relever la tête devant tant de difficultés.

Jésus a vécu une expérience identique dans le monde et la société de son temps, cette société à laquelle il s’est manifesté en servant et annonçant le Royaume de Dieu. C’est à peine s’il fut écouté, mais bien au contraire,  il fut condamné à mourir, crucifié sur une croix. Il semblerait que la dalle, sa mission était trop grande et l’écrasait ainsi que le dessein de Dieu. Toutefois, ce ne fut pas le cas, car le Dieu de la vie et de l’Histoire l’a ressuscité et a bouleversé le sort des hommes et des femmes ainsi que le cours de l’histoire. La vie l’emporte sur le péché et la mort, la lumière triomphe des ténèbres. Aucune pierre n’est tellement grande qu’elle ne peut être soulevée.

Nous sommes invités à vivre une expérience semblable aujourd’hui en nous appuyant sur l’amour de Dieu et la résurrection du Christ. Les situations de souffrance ne cesseront pas pour autant dans notre monde, mais vivre comme des ressuscités doit nous insuffler la force et la capacité de lutter et de travailler chaque jour pour supprimer les causes de tant de douleur en nous-mêmes et en nos semblables et, si nous ne parvenons pas à les éliminer, nous devons nous efforcer de soulager ces souffrances en nous réclamant de la miséricorde et de l’amour de Dieu.

J’aimerais inviter tous les membres de la Famille hospitalière de saint Jean de Dieu à vivre la joie de Pâques en nous engageant à promouvoir plus intensément l’hospitalité au service des malades, des pauvres et des nécessiteux, comme signe et manifestation de cette vie nouvelle que nous donne le Ressuscité. Nous devons aider tant de gens à se défaire de la dalle qui les écrase, y compris nous-mêmes. Beaucoup de gens à nos côtés et dont nous connaissons le visage, souffrent pour tant de raisons. Nous ne pouvons les secourir qu’en répétant les gestes du bon Samaritain et ceux de notre fondateur, saint Jean de Dieu.

Notre Ordre est en train de vivre l’Année des vocations hospitalières dans le cadre de l’Année de la vie consacrée. La finalité de cette initiative est étroitement liée au message de la Résurrection proclamée le jour de Pâques. C’est une chance que nous offre le Seigneur pour nous redresser et nous débarrasser de toutes les pierres qui freinent, bloquent et paralysent la vocation ainsi que la mission d’hospitalité qui nous a été confiée. C’est un appel à purifier notre vocation, à en rejeter les manifestations de pessimisme, les signes de paresse et d’indécision qui paralysent de même que tout ce qui entrave son essor. C’est la chance de redécouvrir la joie des premiers jours et de vivre à nouveau notre vocation avec l’audace et l’engagement de celui qui se sent soutenu par la force du Ressuscité.    

Nous sommes encore dans la première partie de cette Année dédiée aux vocations hospitalières et je voudrais vous encourager tous à prier pour les vocations dans l’hospitalité que ce soit comme religieux consacré ou comme laïc. Je vous invite instamment à la proposer aux jeunes et à ceux qui nous entourent et nous écoutent, où que vous vous trouviez. La meilleure manière de le faire, chers frères et collaborateurs, est par le témoignage de votre vie. Toutefois il ne faut pas négliger le recours aux documents et autre matériel spécialement préparés dans ce but. Il ne faut pas oublier internet, les réseaux sociaux et autres moyens modernes de communication sociale. Toutefois, cela ne suffit pas. Le bouche à oreille est également nécessaire. Il faut que ceux qui nous entourent constatent la passion avec laquelle nous vivons nous-mêmes la vocation que nous proposons à d’autres.

Le Seigneur nous a offert le don de l’hospitalité pour que nous le manifestions dans le monde conformément à l’esprit de saint Jean de Dieu. Voilà un des signes les plus évidents de la résurrection et de la vie nouvelle que le Christ nous propose. Accueillir et servir nos frères pauvres, malades et nécessiteux ; secourir ceux qui sont sans travail, les exclus, les sans-abris ni patrie ; aider ceux qui sont peut-être riches en biens matériels mais ont perdu toute raison de vivre. Voilà le grand cadeau qui nous est fait mais qui est en même temps un grand défi. Il nous faut vivre comme des ressuscités pour manifester et faire grandir l’hospitalité, la miséricorde et l’amour de Dieu. Venons au secours de nos frères qui souffrent ! Aidons-les à se débarrasser des dalles qui les oppriment.   

Au nom de tous les membres de la Famille hospitalière de Saint Jean de Dieu de la curie générale, frères et collaborateurs, je vous souhaite à tous une très belle fête de Pâques à l’enseigne de la joie et de l’hospitalité.


                                   Frère Jesús Etayo
                                   Supérieur général