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14 mars 2016

"L'amour est la force de tout lien social"

C’est dans la chapelle bondée de la Clinique Oudinot, à Paris, que médecins, infirmières, frères hospitaliers, bénévoles et amis se sont retrouvés, le 11 mars, pour fêter saint Jean de Dieu.

Mgr Gérard Defois avait fait le déplacement pour présider la messe, concélébrée par le Père Bruno Saintôt, président du Comité d’éthique de la Fondation Saint Jean de Dieu.

Dans son homélie, l’archevêque émérite de Lille a mis en perspective l’histoire de saint Jean de Dieu avec la parabole du Bon Samaritain de l’Evangile. « Je pense à cet inconnu cheminant entre Jérusalem et Jéricho, au temps de Jésus : les routes n’étaient pas sûres, les voleurs ou les bandits laissaient sur les bords du chemin des blessés détroussés qui appelaient à l’aide. Jean en rencontrera de nombreux, à l’hôpital Royal, de ces échoués de la vie. Il en est marqué d’autant que lui-même a été rejeté comme fou, lorsqu’il invoquait à tout vent, tel un « fou de Dieu », la miséricorde des hommes pour soigner des frères. Des frères abandonnés par des prélats trop pressés, par des contemporains indifférents qui voulaient rester « bien » et ne pas se salir ! Les blessures et les malheurs de ceux qui sont rejetés sur les bas côtés de la route ne les concernaient pas, ils avaient leur office au Temple à remplir, la Loi ne permettait pas les impuretés contactées auprès des inconnus, ainsi ils avaient peur de salir Dieu. »

Face à ceux que Mgr Defois appellent les « indifférents par profession », l’archevêque met en valeur « ce samaritain de passage qui se comportait comme un bon berger à l’égard de cet étranger venu à Jérusalem. Braver les frontières de la religion pour oser la fraternité, c’était demander beaucoup à ces lévites officiels du peuple élu ! Il y fallait l’audace d’une découverte de l’espérance en l’autre, seulement elle demandait l’hospitalité du cœur pour que la miséricorde chrétienne y prenne son sens et sa place. »

Pour l’archevêque émérite de Lille, la vocation de chacun aujourd’hui, « c’est de rendre visible et concrète la miséricorde de Dieu, de manifester sa tendresse à tous les laissés pour compte, aux fragiles et aux pauvres, de témoigner que l’amour est la force de tout lien social. Nous sommes à l’œuvre pour que la vie fraternelle relève les écrasés, libère les prisonniers, élève les humbles, comme autant d’images du Christ sur son chemin de croix. Nous sommes tous des samaritains par vocation », a-t-il conclu.

Mgr Defois s’est ensuite rendu dans les nouveaux blocs opératoires de la clinique, pour bénir ces locaux entièrement refaits. 12 millions d’euros auront été investis, à terme, dans les travaux en cours à la Clinique Oudinot. L’objectif est d’adapter l’offre de soins pour répondre toujours plus efficacement aux différentes étapes du parcours du patient, de la phase diagnostic à la phase curative et au suivi. A terme, c’est pour optimiser son accompagnement, dans un temps de prise en charge plus court, que vont être développés des pôles d’excellence, ainsi qu’un service d’imagerie avec Scanner-IRM. De même, de nouveaux plateaux techniques vont être créés et la capacité d’hébergement va être adaptée aux évolutions globales de la prise en charge. A l’échéance 2018, 60 % des patients seront ainsi traités en ambulatoire. Il s’agit de garantir le devenir d’une clinique qui fête cette année ses 173 ans et qui cherche, tout en s’adaptant à la médecine du 21ème siècle, à pérenniser sa vocation originale.