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28 mars 2018

Joyeuse fête de Pâques !

Lettre du Supérieur général de l'Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu à tous les frères, collaborateurs et membres de la Famille hospitalière de Saint Jean de Dieu.

À l’approche de la fête de Pâques, je souhaite envoyer à toute la Famille de Saint Jean de Dieu, aux résidents de nos centres et services ainsi qu’à leurs proches mes voeux pour une belle fête de Pâques avec le désir que le Seigneur ressuscité vous remplisse tous de joie et d’espérance. Bonne fête de Pâques !

La joie suscitée par la fête de Pâques transforme notre vie et la délivre du pessimisme et des ténèbres qui si souvent l’envahissent. Il s’agit d’une joie qui trouve sa source dans la résurrection du Christ. En lui l’Espérance est possible parce que Dieu, le Père, l’a ressuscité. Jésus a surmonté et vaincu le péché, la souffrance et la mort. Aucune de ces réalités qui nous font souffrir n’auront le dernier mot ; aucune d’entre elles n’a de pouvoir sur la vie que le Ressuscité a conquise pour tous et pour toujours.

Notre foi ainsi que la liturgie de l’Église nous invitent, durant le temps pascal,  à vivre avec intensité la joie de la Résurrection qui exige de faire l’expérience d’une rencontre avec le Ressuscité.  Il est ressuscité, il n’est pas ici. Sont les paroles de l’ange aux femmes qui se rendirent au tombeau, accablées par cette tristesse typique de qui a perdu un être cher. Aussitôt cette affliction s’est transformée en allégresse à ouïr ce message avec tout ce qu’il supposait et en rencontrant le Christ lui-même. C’était donc bien vrai ! Il est vivant ! Ce fut également l’expérience des apôtres et des disciples d’Emmaüs  et de tant d’autres personnes. Il nous est donné également de vivre une expérience identique à condition d’avoir l’audace nécessaire pour ouvrir notre cœur et nos yeux à la foi et percevoir Sa présence parmi nous.

Il est toutefois évident que la réalité ne facilite pas toujours une telle expérience, bien au contraire ! Il est inutile d’énumérer ici toutes les situations douloureuses qui occasionnent l’exclusion, la souffrance et la mort dans nos sociétés. Il y a quelques jours à peine, le lendemain de la fête de Saint Jean de Dieu, nous avons assisté au décès d’un jeune papa qui, Dieu seul sait pour quelles raisons, avait décidé de se tuer en abandonnant son enfant nouveau-né et son épouse. Je sais qu’il s’agit là simplement d’un exemple de tant de tourments qui existent chaque jour sous une forme ou l’autre. Combien de souffrances ! Pourquoi Seigneur ? Cela m’émeut profondément.  Comment peut-on annoncer la joie de la vie et l’amour de Dieu quand de tels événements ont lieu et font partie du quotidien au point que cela n’étonne plus personne parce que nos vies ne peuvent endurer tant de douleur et de violence.  

Il est tout aussi évident que cette même expérience de souffrance a été vécue par Jésus Christ lui-même. Sa fidélité au Père et à la mission qui lui avait été confiée, son courage pour ne pas tituber ni se laisser corrompre par qui et quoi que ce soit qui le détourne de son projet l’ont conduit vers la mort sur la croix. Une mort cruelle s’il en fut. Son exemple a été suivi et continue à l’être aujourd’hui encore par tant d’hommes et de femmes. Certains en raison de leur foi en Lui et d’autres pour toute une série de raisons diverses, mais qu’importe, le résultat est le même. Toutefois face à tant de souffrances, Dieu a ressuscité son fils. C’est en vertu de cela, et même si la vie nous pousse au-delà de nos limites, comme ce fut le cas pour le Christ, la vie triomphera de la mort et aura le dernier mot. Ceci est vrai pour nous tous, hommes et femmes. C’est la volonté de Dieu, notre Père, qui l’a manifestée en Jésus, son premier né dont nous célébrons la résurrection en cette fête de Pâques et à laquelle nous sommes tous invités à participer.

"Dites à mes disciples qu’ils aillent en Galilée où ils me rencontreront." J’ai commenté à d’autres occasions cette indication de Jésus aux femmes. C’est un élément fondamental. La joie de la fête de Pâques est la joie de la rencontre avec le Ressuscité ici et maintenant dans l’aujourd’hui de notre vie.  C’est en Galilée que Jésus a commencé sa vie publique et sa mission.  C’est dans la vie de chacun, dans sa famille, son hôpital, son service, sa paroisse ou sa communauté qu’existe sa Galilée personnelle.  C’est là que chacun de nous est invité à rencontrer Jésus ressuscité afin de parcourir avec lui le chemin de la vie en suivant l’Évangile, en découvrant et soulignant les signes de vie et de résurrection ; c’est là que chacun de nous doit s’efforcer de surmonter les signes et situations de mort et de ténèbres qui les entourent en donnant un témoignage de sa foi  et de son expérience d’avoir rencontré le Christ vivant.

L’hospitalité est une expression de la vie et de l’amour miséricordieux de Dieu, de la résurrection du Christ. En exerçant l’hospitalité, chacun de nous est invité à proclamer et à rendre visible la vie que nous donne le Ressuscité, à vivre l’expérience de Pâques. Très souvent on le fera en soignant directement les malades ou en accompagnant ou réconfortant qui souffre. D’autres fois, constatant sa propre impuissance,  on le fera en priant et en confiant ces souffrances à  Dieu  en l’implorant de s’en charger et de manifester son amour. D’autres fois encore ce sera en étant un témoin prophétique de l’hospitalité, signe de vie qui vainc la mort. Plaise au ciel que nous puissions tous vivre cette expérience qu’offre l’hospitalité évangélique selon l’esprit de Saint Jean de Dieu.

Nous avons pour ainsi dire terminé la célébration des chapitres provinciaux. Il ne reste que le chapitre de la Province de Pologne qui aura lieu d’ici peu. Ces chapitres ont été une expérience de vie nouvelle que l’Esprit du Seigneur nous a permis de vivre. Je dirais même que cela fut une expérience de résurrection, d’ouverture à la vie et au futur de l’Ordre partout où ces chapitres ont eu lieu. Plaise au ciel que nous soyons fidèles au Seigneur pour que l’hospitalité de Saint Jean de Dieu se pérennise en restant bien vivante. L’an prochain nous célébrerons le Chapitre général. Ce sera une nouvelle occasion de renouveler la vie de notre Ordre bien-aimé et celle de toute la Famille Hospitalière de Saint Jean de Dieu, en nous ouvrant au futur que l’Esprit du Seigneur attend de nous. Ce sera une occasion de vivre et de manifester le signe de vie que le Christ ressuscité nous offre. Je vous invite tous à prier et à vous préparer de manière adéquate dès maintenant en vue de cet événement si important pour la vie de notre Institution.          

Je me fais l’interprète du gouvernement général et de toute la Famille hospitalière de Saint Jean de Dieu de la Curie générale pour vous souhaiter une TRÈS BELLE FÊTE DE PÂQUES.

 

Frère Jesús Etayo

Supérieur général